Société Belge d'Etudes Celtiques

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BISBEC N°266 mars 2017

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in memoriam Serge Lewuillon

J'ai le grand regret en ce début d'année de devoir annoncer le décès, le 8 janvier, de Serge Lewuillon, brillant collègue et membre d'honneur de notre société, qui nous avait encore offert une remarquable communication en mars dernier. C'était "52-46 : trophées malgré tout", au titre provocateur et prometteur, comme il les aimait. Moi aussi: il tenait ses promesses!

Il a été terrassé par un accident vasculo-cérébral alors qu'il était en pleine préparation du colloque international "Archéo-logues en Guerre(s). Archéologues et historiens de l'art dans la Grande Guerre", qui s'est tenu en son immense absence le 15 et 16 novembre 2016. Un deuxième accident au tournant de l'année aura finalement raison de lui.

Historien et archéologue formé à l'Université Libre de Bruxelles ; notre compatriote Serge Lewuillon était chargé de cours à l'Université de Picardie Jules Verne à Amiens, jusqu'à sa pension toute récente. Il était également fortement impliqué dans les activités du Centre archéologique européen du Mont Beuvray. Ses travaux personnels ont essentiellement porté sur les structures des antiques sociétés celtes (le don et le contre-don, la mise en pagerie des enfants, les magistratures...), sur l'épistémologie des sciences historiques à travers l'évolution de l'historiographie, par exemple dans le dossier de Vercingétorix, celui des "anciens Belges" ou celui des îles Cassitérides).

Lectures conseillées : "Le chagrin des anciens Belges. Déviance de la référence héroïque dans les antiquités nationales" et "La mal-mesure des Celtes. Errements et débats autour de l'identité celtique de 1850 à nos jours [Un siècle et demi d'ethnogenèse]", ainsi que bien d'autres Allez voir sur academia.edu!!

E. Warmenbol

BELTAINE A SAMARA

Comme annoncé dans notre précédent bulletin, l’archéodrome de Samara, près d’Amiens, propose pour le week-end de Pâques un très alléchant programme autour du rassemblement d’un très grand nombre de groupes de reconstitution attachés à reproduire de la manière la plus authentique le cadre de vie, les activités et les productions des Celtes aux Ages des Métaux. Un programme pour tout public, des scientifiques aux familles...

Le week-end de Pâques s’est malheureusement révélé inadapté à l’organisation d’un voyage commun, ainsi que nous l’avions originellement envisagé. Nous devons nous contenter de proposer un rendez-vous et d’éventuels co-voiturages.

Je m’y rends en compagnie de Francis Carpiaux et il y a donc là deux places disponibles dans sa voiture. Charlotte Van Eetvelde s’y rend aussi dans une voiture de plus jeunes... Les personnes intéressées peuvent me contacter, soit pour demander une place, soit pour en proposer dans leur véhicule ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ). Nous déciderons en fonction des réactions et je me coordonnerai ensuite avec Ludovic Moignet pour le repas gaulois et éventuellement le logement.

S. de Foestraets


la princesse de la Heuneburg

L’importante découverte d’une sépulture princière  - une dame et une fillette -  signalée dans le bulletin de février a été publiée dans la revue Antiquity et elle peut être consultée gratuitement :

https://www.cambridge.org/core/journals/antiquity/article/div-classtitlethe-keltenblock-project-discovery-and-excavation-of-a-rich-hallstatt-grave-at-the-heuneburg-germanydiv/06DA174F38A2CD1D2EB737222AAFCEBA

G. Anthoons

Rheged redécouvert ?

Les archéologues travaillant sur le site écossais de Trusty’s Hill en Galloway croient y avoir retrouvé la capitale du royaume oublié de Rheged, sombré dans l’oubli après le sixième siècle de notre ère. Le peu de traces historiques qui en sont conservées sont des traditions plus ou moins légendaires sur un roi-héros Urien et un certain nombre de poèmes my-thologiques attribués à Taliesin, un avatar gallois de l’en-chanteur Merlin.

Les fouilles sur ce site ont débuté en 2012 suite à la découverte de gravures pictes, largement au sud des zones traditionnelles de telles gravures.

Les Pictes sont un peuple mystérieux, sans doute un mélange de Celtes brittoniques et d’indigènes pré-indo-euro-péens. Ils ont laissé d’étranges inscriptions, incompréhensibles au point de n’être sans doute que des pseudo-inscriptions (des suites de lettres purement décoratives et dénuées de signi-fication) et des gravures au répertoire incontestablement signi-ficatif mais resté incompréhensible jusqu’ici.

Les fouilleurs, dirigés par Christopher Bowles et Ronan Toolis, ont mis au jour un site royal datant du sixième siècle, ceint d’un rempart en pierres, un atelier pour le travail de l’or, de l’argent, du bronze et du fer, , de la céramique, des puits... Les deux directeurs de fouilles en publient les résultats dans un livre récent Lost Dark Age Kingdom of Rheged.

L’origine du nom de BROCELIANDE ?

Une étude récente de Jean-Claude Even identifie non sans vraisemblance la légendaire forêt de Brocéliande au site de Bréssilien en Paule, point singulier situé au départ de l'aque-duc romain de Carhaix. Des fouilles archéologiques récentes à Paule, et notamment celles de l'enceinte de Bréssilien datant du haut Moyen-Âge, confirment les présomptions de l'auteur dont les travaux datent de vingt ans. Elles démystifieraient par ailleurs la thèse de Brocéliande originellement dans la forêt de Paimpont : l'aqueduc romain de Vorgium (Carhaix), depuis sa source à Saint-Symphorien, le village de Bréssillien, sa canalisation enterrée, le pont-aqueduc de Kerampest à Carhaix... consti-tueraint bien l'épine dorsale de la relation entre Carhaix et Brocéliande et l'une des racines de ce qui est devenu, avec le temps et l'emprise de l'imaginaire, la légende arthurienne.

Kaier ar Poher, hors-série n°5 : La bataille de Carohaise. Brocéliande démythifiée et démystifiée, par J.C. Even.


Le cycle fenien

Les modernes celtologues comptent le cycle fénien (Fían-aigeacht) comme l’un des quatre grands cycles de la littérature irlandaise médiévale, à côté du cycle d’Ulster, du cycle des rois et du cycle mythologique. Il chante la figure mythique de Fionn mac Cumhail et sa bande de guerriers libres  - son ian ou Männerbund) dont font aussi partie son fils Oisín et son petit-fils Oscar. A l’instar de la légende arthurienne, il n’a pas cessé de prendre de l’ampleur et dès le treizième siècle, ce cycle va devenir le favori dans tout le monde gaélique, avant d’être célébré dans toute l’Europe.

Un livre tout récent s’attache à rassembler et à décrypter les débuts de ce succès, depuis les fragments les plus anciens qui en sont connus jusqu’au temps de sa floraison. Il analyse en profondeur les plus fameux récits : le Colloque des Anciens (Agallamh na séanora) ou la Traque de Diarmaid et Gráinne (Tóraigheacht Dhiarmada agus Ghráinne, l’archétype de la légende de Tristan et d’Iseut), ainsi que toutes les sources secondaires qui s’y rapportent.

Kevin MURRAY, The Early Finn Cycle, Dublin, Four Courts Press, 2017, 224 p., ISBN 978-1-84682-630-6, EUR 24,95

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